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Louis Marie Bosredon ? Un caricaturiste, un graveur, un ouvrier, un  catholique, un marchand de tableaux, un photographe...

Engagé dans le Paris de 1848, ce touche-à-tout a œuvré pour une autre représentation graphique et politique. Par des lithographies, des calotypes, des décors imprimés, bref par des images mécanisées, lancées toutes à l'assaut de la hiérarchie des arts.
Soulever la pierre qui condamnait l'accès à cette vie, c'est sans doute commettre l'irréparable. Car Bosredon cherchait délibérément à rester inconnu. L’obscurité qui s’attache à ses œuvres, il l’a recherchée. Et pour une raison simple. Il fut aussi un faussaire. Avec pour exploit d’avoir exposé, sous un nom d’emprunt, un portrait de Napoléon Ier, âgé de 16 ans. C’était au musée du Louvre.
Oui mais voilà. À l'heure où le concept de gouvernement représentatif semble s'épuiser, comment continuer à taire l'intérêt qu'offrent ses dessins et ses convictions ?
D'où ce livre qui invite, au terme d'une incroyable enquête, à interroger les fondements mêmes d'une forme de démocratie qui est aussi le creuset d'une culture visuelle. La trajectoire de ce quarante-huitard ? Elle n’est donc pas une biographie au sens classique du terme mais une véritable histoire sociale et politique. Celle d'un individu collectif qui fait découvrir les rêves ensevelis d'une République démocratique et sociale.

Olivier Ihl est professeur de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble. Né en 1965, il est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages sur la socio-histoire des rites politiques, notamment La fête républicaine, Paris, Gallimard, 1996 (Bibliothèque des Histoires) et Le mérite et la république. Essai sur la société des émules, Paris, Gallimard, 2007. Pour une présentation plus complète de ses publications :  http://www.olivierihl.fr/.