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Ce livre a été écrit en réaction à tous ceux qui réclament la fin des 35 heures.

Certains socialistes ont fait le choix de tourner le dos à ce qui fait l’identité de la gauche. On rappellera que celle-ci s’est construite dans les luttes sociales pour les augmentations de salaire, la réduction du temps et l’amélioration des conditions de travail. Le livre est construit autour d’une relecture du pamphlet Le droit à la paresse [1883] qu’on peut considérer comme une utopie. On y trouve une forme de foi naïve dans le progrès technique dont un des effets bénéfiques pourrait être de ne travailler que 3 heures par jour et de profiter de la vie. L’auteur, Paul Lafargue [1842-1911], est un des fondateurs du Parti Ouvrier, l’ancêtre du Parti communiste. Il a rédigé son livre dans un contexte de lutte à l’échelle mondiale pour la limitation de la journée de travail à 8 heures par jour, alors qu’elle était souvent de 10 à 12 heures, sans jour de repos. Ces revendications des débuts du vingtième siècle nous interpellent encore. Réduire le temps de travail, c’est faire baisser le chômage. Une offre de travail plus rare favorise les hausses de salaire et, par conséquent, la demande dont nos économies ont besoin.
Le droit à la paresse est aussi un livre à charge contre les comportements pouvant nourrir l’exploitation : les heures supplémentaire tuent l’emploi et sont sources de  détérioration des conditions de travail. Paul Lafargue traque l’emprise du travail jusque dans les têtes. Il dénonce une morale bourgeoise qui glorifie le goût de l’effort, la valeur travail et qui a des prolongements dans les partis de gauche lorsqu’ils cherchent des solutions aux problèmes en créant toujours plus d’emplois. Le lendemain de la révolution, il propose au contraire de réapprendre à vivre et donc de faire autre chose que travailler !

Thierry Suchère est maître de conférences en économie à l’université du Havre. Il est membre de l’Équipe d’Économie Le Havre Normandie (EDEHN). Spécialiste de l’histoire de la pensée et de l’anthropologie économique, il se revendique de la tradition de l’économie politique. Dans ses écrits, il aime à conjuguer théorie critique et ancrage citoyen à gauche de la gauche.