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Pour les observateurs de la plus grande démocratie du monde, le mot « participation » évoque surtout le pourcentage d’électeurs qui se rendent régulièrement aux urnes. Pourtant, depuis les années 1990 de nouvelles pratiques émergent et se développent en Inde

, qui ont en commun d’organiser une interaction directe entre citoyens et autorités publiques, autour de la gestion des affaires locales. Mais à quoi ressemble la démocratie participative dans cette société profondément inégalitaire ? Comment la participation est-elle organisée, autour de quels types de dispositifs ? À quelles idées politiques est-elle associée ? À quels discours, à quelles expériences passées fait-elle référence ? Les dynamiques qui portent le développement des pratiques participatives indiennes sont-elles surtout endogènes ou exogènes ? Et que peut nous apprendre cette version indienne sur la démocratie participative en général ?
Pour répondre à ces interrogations, ce livre propose une analyse sérielle de quatre dispositifs élaborés et mis en œuvre dans la ville-État de Delhi, qui constitue un véritable laboratoire de la participation à l’indienne : les « comités de circonscription » ; les « audiences publiques » ; le programme Bhagidari (« participation» en hindi) ; et les assemblées de quartier. L’enquête montre comment les formes successives de la démocratie participative révèlent autant de définitions du « citoyen ordinaire » qui leur sont associées. À travers une analyse de l’incarnation, des transformations et des mésaventures de la participation depuis les années 1950, le livre raconte le lent et sinueux processus d’institutionnalisation de la démocratie participative en Inde.

Stéphanie Tawa Lama-Rewal est politiste, chargée de recherche habilitée à diriger des recherches au CNRS, au Centre d'Études de l’Inde et de l’Asie du Sud (CNRS-EHESS).