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Le procès des sciences humaines et sociales (SHS) semble avoir été rouvert à l’occasion des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quand plusieurs déclarations publiques ont dénoncé la « culture de l’excuse » qui serait implicite aux tentatives d’explication ou de compréhension du djihadisme portées par ces disciplines.

Quelles sont les distinctions à opérer entre comprendre, expliquer, justifier et excuser ? Les causes dissolvent-elles les raisons ? La compréhension exclut-elle le jugement moral ou politique ? Faut-il ou non considérer que les explications apportées par les sciences sociales peuvent, à l’image des savoirs psychiatriques, constituer des « circonstances atténuantes » dont les juges, et la société plus largement, auraient à tenir compte ? Comment situer cette condamnation de la « culture de l’excuse » dans l’histoire plus longue des usages politiques des théories des sciences humaines et sociales ? Et plus largement, dans quelle mesure les sciences humaines et sociales peuvent-elles ou doivent-elles aider à comprendre « l’incompréhensible » ?  Telles sont les questions posées par cet ouvrage à partir d’exemples passés et contemporains – la collaboration de scientifiques sous l’occupation nazie, les violences physiques collectives, la radicalisation ou la folie.